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La philosophie du voyage dans le temps

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Newton a soutenu l’idée du temps absolu, contrairement à Leibniz, pour qui le temps n’est qu’un rapport entre des événements et ne peut être exprimé indépendamment, une déclaration en concordance avec la relativité de l’espace-temps. (Crisp 2007)

L’éternalisme soutient que le passé et le futur existent réellement, (Crisp 2007) en partant de l’idée que le temps est une dimension similaire aux dimensions spatiales, que les événements passés et futurs sont « présents » sur l’axe du temps, mais cette opinion est contestée. (Maudlin 2010) Dans la vision à quatre dimensions, l’univers est une topologie espace-temps existante, contenant tout ce qui s’est passé, tout ce qui se passe et tout ce qui va se passer. Il en résulte qu’il n’y a aucun moment singulier à considérer non-essentiel comme présent. (Keller and Nelson 2010) Les voyages dans le temps sont possibles si la vision à quatre dimensions du temps est correcte, mais ce n’est pas possible si le présentisme est vrai. William Godfrey-Smith dit que « l’image métaphysique sous-jacente aux discussions sur le voyage dans le temps est celle de l’univers bloc dans lequel le monde est conçu aussi comme dans le temps aussi que dans l’espace ». (Godfrey-Smith 1980)

Le présentisme prétend que le futur et le passé n’existent que comme des changements et n’ont pas d’existence réelle, il n’y a que le présent. Ainsi, voyager dans le temps serait impossible car il n’y a ni futur ni passé. (Crisp 2007)

Le « présentisme relativisée » admet qu’il existe des cadres de référence infinis, chacun d’eux ayant un ensemble différent d’événements simultanés, ce qui rend impossible la distinction d’un seul « présent » réel et, par conséquent, tous les événements dans le temps sont réels – estompant la différence entre présentisme et éternalisme – ou chaque cadre de référence existe dans sa propre réalité.

Selon la théorie philosophique de la composabilité, si le passé est d’une certaine manière, il n’est pas possible qu’il soit différent. Ce qui peut arriver dans le passé se limite à ce qui est arrivé pour éviter les contradictions logiques. (Lewis 1976)

Une position réaliste traditionnelle dans l’ontologie est que le temps et l’espace ont une existence en dehors de l’esprit humain. Les idéalistes, au contraire, nient ou doutent de l’existence d’objets indépendants d’esprit. Certains antiréalistes, dont la position ontologique est qu’il y a des objets hors de l’esprit, doutent toutefois de l’existence indépendante du temps et de l’espace.

Il y eu aussi un débat entre la définition des notions d’espace et de temps en tant qu’objets réels (absolus) ou simples arrangements des objets réels (relationnels), respectivement appuyées par Isaac Newton et Gottfried Leibniz (principe de raison suffisante et identité d’indiscernable)

La position conventionnaliste affirme qu’il n’y a pas de fait à propos de la matière, tout est décidé par convention. Ainsi, Henri Poincaré a fait valoir que la géométrie appliquée à un espace était décidée par convention.

Une solution au problème de la direction du temps a une vision métaphysique, dans laquelle la direction du temps résulte d’une asymétrie de la causalité. Une deuxième famille de solutions à ce problème trouve l’existence du sens du temps comme étant liée à la nature de la thermodynamique (l’entropie). Un troisième type de solution prétend que les lois physiques ne sont pas symétriques dans le sens où le temps s’inverse.

L’endurantisme affirme que pour qu’un objet persiste dans le temps, il doit exister complètement à des moments différents. Le perdurantisme prétend que pour qu’une chose existe dans le temps, elle doit exister en tant que réalité continue, prenant en compte un ensemble de toutes ses « parties temporelles » de l’existence.

Selon la conception métaphysique héraclitienne, il n’existe pas de domaine de l’acte d’un avenir déterminé, pas d’habitant du futur, même s’il existera. Et le passé est considéré comme figé et déterminé, et ne peut être changé. Le voyage vers l’avenir dans ce contexte serait exclu, car on ne va nulle part.

Bibliographie

  • Crisp, Thomas M. 2007. “Presentism, Eternalism, and Relativity Physics.” https://thomasmcrisp.files.wordpress.com/2017/07/presentism-eternalism-and-relativity-physics.pdf.
  • Godfrey-Smith, William. 1980. “Travelling in Time: [Analysis ‘Problem’ No. 18].” Analysis 40 (2): 72–73.
  • Keller, S, and M Nelson. 2010. “Presentists Should Believe in Time-Travel.” Australasian Journal of Philosophy September 1 (April): 333–45. https://doi.org/10.1080/713931204.
  • Lewis, David. 1976. “The Paradoxes of Time Travel.” American Philosophical Quarterly 13 (2): 145–52. http://www.jstor.org/stable/20009616.
  • Maudlin, Tim. 2010. “On the Passing of Time.” https://philocosmology.rutgers.edu/images/uploads/TimDavidClass/05-maudlin-chap04.pdf.

Nicolae Sfetcu
Email: nicolae@sfetcu.com

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Sfetcu, Nicolae, « La philosophie du voyage dans le temps », SetThings (19 juillet 2019), URL = https://www.setthings.com/fr/la-philosophie-du-voyage-dans-le-temps/

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